A l’occasion de la ressortie du jeu NieR Replicant, je vous propose une rétrospective de cette courte série de jeux vidéo qui n’en est pas moins marquante. Ce billet vous présentera la licence à proprement parler, puis un article dédié sera fait pour les deux jeux qui la compose.

J’ai découvert la licence NieR avec le dernier de la série : NieR Automata. Acheté sans grande attente car absolument inconnu pour moi, ce fut une découverte totale. La surprise a été très appréciée tellement l’ambiance du jeu, qu’elle soit visuelle, sonore (les musiques sont parfaites, pas d’autre mot), ou encore scénaristique. On ne peut pas vraiment dire que NieR Automata ait un scénario très cherché avec une intrigue profonde, c’est avant tout une exploration dans les côtés sombres de l’humanité avec des personnages qui n’en sont pas. Mais les quelques rebondissements et fins alternatives valent leurs heures de jeu.

La série NieR est donc née en avril 2010 sur Playstation 3 et Xbox 360, développée par le studio Cavia et éditée par Square-Enix. Le jeu a été produit sous deux versions : NieR Replicant qui est sortie au Japon sur Playstation 3 et propose un personnage principal plus jeune que son homologue NieR Gestalt sur Xbox 360 sorti à l’international. En dehors du Japon, le jeu a été sobrement intitulé NieR. La version remasterisée et améliorée du jeu est sortie en avril 2021, intitulée moins sobrement NieR Replicant ver.1.22474487139…. Les différences seront traitées dans l’article qui lui sera dédié.

NieR est en fait un jeu dérivé de la série Drakengard produite par le même studio, écrite par le même auteur à savoir Yoko Taro. Je ne m’attarderai pas trop sur Drakengard car je n’ai jamais eu l’occasion d’y jouer et ne connaît donc pas ces jeux. Le scénario de NieR serait donc basé sur la cinquième fin alternative de Drakengard 2 qui a laissé notre monde dans un état de désolation avancé. L’histoire de NieR se déroule plusieurs centaines d’années après notre ère et raconte les aventures d’une protagoniste sans nom (les fans l’appellent “Nier”) qui est à la recherche d’un moyen pour sauver sa petite sœur / fille (selon la version du jeu) d’une maladie mortelle appelée Black Scrawl. Il part donc en voyage pour rechercher un remède et rencontrera sa compagnons de route, Weiss un grimoire magique parlant, Kainé et Emil, et chercheront également à comprendre la nature des étranges Shadows qui attaquent régulièrement les humains.

Les jeux NieR ne rentrent pas forcément dans une seule case, ils empruntent leur gameplay à différents genres aussi bien du RPG que du beat’em all. La série a été écrite par Yoko Taro, un concepteur de jeux vidéos et scénariste qui a démarré sa carrière auprès du studio Cavia et il est donc connu pour la série Drakengard et NieR qui en a découlé. Le style de Taro est souvent sujet à controverse car il aime explorer les côtés sombres des gens et ce qui les amène à s’entretuer. Il écrit généralement ses scénarios en partant de la fin pour reconstruire tout le fil permettant d’y arriver. C’est aussi un personnage qui n’est pas public du tout et ne supporte pas les interviews. Lors d’interviews vidéo pour Drakengard, il parlait à travers une marionnette. Lorsqu’il se retrouve à un évènement, il cache son visage avec un masque qui est généralement celui d’Emil dans le NieR.

L’inspiration de Taro pour les jeux NieR a été principalement le fait de dépeindre différents camps qui sont tous persuadés qu’ils oeuvrent dans la bonne direction malgré les atrocités qu’ils commettent. Pour la partie gameplay, il a été inspiré par les jeux God of War pour leur côté dynamique, mais aussi des shoot ‘em up dont on retrouve comme élément les boules à éviter durant les combats. NieR Automata dispose même de phases de jeu qui sont de véritables shmups.

La raison pour laquelle NieR possède deux versions est pour faciliter son exportation. Le gameplay mélangeant à la fois beat ‘em all et RPG a été imaginé pour mieux attirer les joueurs accidentaux. Le protagoniste plus âgé dans la version Gestalt est également une autre raison. Dans le cas du remake amélioré, c’est la version Replicant qui a été revue.

L’une des autres composantes typique de la série NieR est le fait que les jeux possèdent de nombreuses fins possibles qui se déclenchent selon différents embranchements de l’histoire. NieR Replicant en propose 5 différentes là où Automata en possède .… 26 (+1 en DLC) ! Pour ce dernier, il ne s’agit pas non plus d’autant de possibilités que cela le sous entend. En fait, la plupart des fins alternatives sont simplement les fins de chapitre de l’histoire ou encore des game over déguisés. Une autre particularité commune aux jeux est qu’une des fins possible propose un choix cornélien au joueur : débloquer le contenu en contrepartie de la suppression de sa sauvegarde.

Dernier élément de poids que je citerai pour présenter l’univers de base : l’ambiance musicale. Les OST des jeux NieR ont été composés par Keiichi Okabe et accompagné par 6 autres mains : Keigo Hoashi, Kuniyuki Takahashi et Kakeru Ishihama. Le seul mot qui me vient en tête pour les décrire est : merveilleux. L’ambiance musicale est très onirique avec des thèmes principalement chantés qui mélangent à la fois de simples vocalises mais aussi des fausses paroles. En effet, l’une des particularités de ces compositions est d’utiliser un chant phonétique inspiré de plusieurs langues (japonais, anglais, allemand, français, russe…). L’idée derrière ce choix artistique est de proposer une langue évoluée qui serait celle parlée dans ce futur lointain.

NieR a mis 7 ans pour avoir une suite indirecte en la personne de NieR Automata. Entre deux il y a eu un peu de grabuge il faut dire : le studio Cavia a été absorbé par un autre groupe puis a fini démantelé. Yoko Taro est depuis game designer et scénariste freelance. Automata est une suite indirecte de NieR qui se déroule à nouveau plusieurs milliers d’années dans le futur. Un futur post-apocalyptique causé par plusieurs guerres contre des machines vivantes d’origine extra-terrestre. Les personnages du jeu ne sont pas des humains mais des androïdes de combat laissés par ceux-ci pour reconquérir la Terre. Automata a été développé par PlatinumGames (studio connu pour la série Bayonetta par exemple, mais aussi Vanquish) et une nouvelle fois édité par Square-Enix.

C’est à l’occasion des dix ans de la série, et aussi grâce au succès commercial d’Automata que la licence a vu quelques rajouts. Un jeu mobile, actuellement disponible uniquement au Japon, a vu le jour en février 2021 et s’intitule NieR Reincarnation. Cette itération est cependant un peu plus déconnectée des autres jeux, Yoko Taro ayant souhaité le rendre plus accessible. Enfin, l’autre élément notable est une collaboration avec le MMORPG Final Fantasy XIV aussi édité par Square-Enix qui propose une histoire sous forme de trois raids dans l’univers de NieR Automata écrite par Yoko Taro qui s’est également chargé de concevoir les donjons. Bien que l’aventure se déroule avec les personnages de NieR Automata, d’autres issus du premier jeu font également une apparition sous forme de boss à combattre.

La série NieR est donc un univers très intéressant. Les deux jeux partagent des points communs tout en ayant de très grandes différences entre eux en raison de leur éloignement chronologique. La direction artistique est globalement excellente et le point le plus fort en ce qui les concerne est sans conteste leur ambiance musicale. C’est une série que je recommande vivement pour ceux qui veulent sortir des sentiers battus !