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Castelvania, The Animated Series

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Castelvania, The Animated Series
© Netflix/Powerhouse Animation Studios/Frederator Studios

La série animée Castlevania a démarré en 2017 sur Netflix et s’est terminée en 2021 avec 4 saisons de 32 épisodes en tout. Elle est, bien évidemment, basée sur la série de jeux vidéo japonais éponyme éditée par Konami, et plus précisément sur le jeu Castlevania III : Dracula’s Curse. A l’origine, la série était prévue pour être un film, mais son développement fut chaotique et le projet changea de main et de studio jusqu’à arriver dans celles de Netflix à la production et réalisée par Powerhouse Animation Studios.

Alors que Dracula parvenait à vivre avec sa femme loin du monde des ténèbres auquel il appartient, tout bascule quand son épouse est condamnée et brûlée vive pour sorcellerie à cause de la peur des habitants de Târgoviște, en Valachie. Il décrétera alors que tous les humains de la région devront payer de leur vie cet acte et déclarera la guerre au pays. Il invoquera une armée de créatures de ténèbres qui envahiront les différentes villes et tueront leurs habitants. Parmi ceux qui se lèveront contre Dracula, il y aura Trevor Belmont, le dernier descendant de la célèbre famille de chasseurs de monstres depuis excommuniée, la magicienne Sypha Belnades, et le fils de Dracula, mi humain mi vampire, Alucard.

Je n’ai pas spécialement de grande affinité avec l’univers de Castlevania. Je n’ai jamais trop joué aux jeux originaux (j’en avais un sur Super NES, mais je n’avais pas accroché) et j’ai principalement fait les trois jeux de la lignée Lords of Shadows que j’avais bien aimé. En dehors de ça, c’est un univers qui m’est peu familier.

Veuillez noter que ce billet donnera un avis sur les quatre saisons de la série, et va donc spoiler allègrement.

Les saisons de la série ont un nombre d’épisode variable. La toute première n’a compté que 4 épisodes, comme si c’était un essai pour voir si ça valait le coup de poursuivre. De ce fait, elle n’a pas vraiment pu prendre le temps de se développer et au final fait plus office de prologue qu’autre chose visant à présenter l’antagoniste de la série et ses trois protagonistes.

La seconde saison possède le double d’épisodes, 8. Elle développe la guerre que Dracula a lancé contre l’humanité et ajoute de nombreux autres personnages tels que les Forgerons qui créent les créatures des ténèbres et d’autres vampires de haut rang comme Carmilla. Elle présente également un petit jeu d’intrigues parallèles où quelques complots internes contre Dracula se fomentent en plus de la lutte menée par Trevor, Sypha et Alucard. La troisième dure plus longtemps avec 10 épisodes et se passe après la défaite de Dracula. Les différents protagonistes et antagonistes sont en déroute, se sont séparés, ou bien sont retournés dans leurs contrées pour établir de nouveaux plans. Quant à la quatrième et dernière, elle possède également 10 épisodes et focalise son histoire sur un groupe qui vise la résurrection de Dracula avec deux histoires parallèles entre Trevor et Sypha, puis avec Alucard dans son coin à nouveau.

Si la série a été globalement bien critiquée, je trouve qu’elle possède quand même quelques faiblesses. En effet, elle est esthétiquement très belle, les personnages ont un design bien travaillé et les décors sont d’excellente facture. Cependant, je trouve l’animation parfois très inégale. Tantôt, elle va propose des séquences d’action époustouflantes, et par moments, on a l’impression de suivre un diaporama statique. Peut être est-ce lié aux différents studios qui ont sous traité l’animation, je ne sais pas. Globalement, l’histoire est réussi et se suit agréablement malgré quelques éléments prévisibles ou un peu incongrus. Les saisons sont également en dent de scie avec du bon et du moins bon. Une bonne partie du temps, elles essayent de faire faire quelque chose à leur personnage jusqu’à ce qu’ils se fassent rattraper par le scénario, ce qui amène quelques pertes de rythme.

J’ai noté aussi un bémol sur le doublage original américain. Peut être que je suis trop habitué au surjeu des doublages japonais dans leur animation, mais globalement je le trouve très monotone. Certaines scènes sont très bien jouées, tandis que d’autres laissent l’impression que l’intonation des voix ne correspond pas à ce qu’on voit à l’écran. Par exemple, le long monologue de Camilla sur ses ambitions et sa volonté sont mis en scène de manière très visuelle, mais la voix me paraissait trop calme pour une personne qui vide son sac. C’est d’autant plus regrettable car la série s’est offert un superbe casting, mais dont j’ai l’impression qu’ils n’exploitent pas tout leur potentiel.

En parlant des personnages, j’ai souvent eu l’impression qu’ils étaient assez peu développés. Trevor est au début présenté comme un vagabond crade alcoolique, et son comportement tout au long des 4 saisons ne varie pas spécialement. Il y a bien Sypha qui se plaint dans la quatrième d’être devenue vulgaire à cause de lui, mais en dehors de ça le personnage est similaire aux débuts. Alucard campe le cliché emo gothique durant 99% de son temps d’écran comme on pouvait s’y attendre avec ce genre de personnage. J’ai quelques regrets avec Dracula durant la seconde saison car, au final, à part faire joujou avec son château magique qui peut se téléporter et faire acte de présence, il n’a pas branlé grand chose de la saison. En fait, les personnages que je trouve les mieux développés sont les deux maîtres forgerons, Hector et Isaac. A la suite de la défaite de Dracula, ils sont tous deux mis en déroute et évolueront chacun de leur côté. Hector sera asservi par l’une des soeurs de Carmilla tandis qu’Isaac fera un voyage initiatique avec sa horde de créatures des ténèbres pour fomenter une vengeance contre ceux qui ont trahit Dracula. Isaac est à mes yeux le personnage qui évolue le plus et dispose des meilleurs temps de parole de la série. Quel dommage qu’il n’ait même pas eu droit à une apparition dans l’épilogue de la quatrième saison…

D’ailleurs j’ai été globalement déçu de l’épilogue. Avec une noirceur constante qui est typique du genre dark fantasy auquel elle appartient, elle a quand même voulu conclure avec un happy end pour ses protagonistes.

On notera que la série est clairement pour adultes avec une violence exacerbée qui fait pas vraiment dans l’hygiénique. C’est gore à en être ridicule parfois, et les combats tournent vite à la pluie de sauce tomate. La troisième saison a également des scènes érotiques et de la nudité explicite qui montrent que la série s’adresse bien à son public cible sans pudeur. Au delà de cet aspect très graphique, elle parvient à composer avec de nombreuses scènes d’exposition et des dialogues une ambiance peu manichéenne qui traduit plutôt le fait que chaque camp a ses ambitions et estime faire ce qui est le plus juste pour lui. Si Dracula est dépeint comme le mal absolu par la série, les chrétiens qui ont brûlé sa femme et les abus du clergé ne sont clairement pas en reste.

Que retenir de Castlevania donc … Une animation globalement chiadée malgré des pertes de vitesse sur certains plans, une histoire qui se suit bien malgré quelques ralentissements de rythme narratif. Elle reste un très bon divertissement qui vaut le coup. Il semblerait qu’une nouvelle série serait en préparation chez Netflix.