La Saga Gundam et moi, c’est une vieille histoire qui remonte √† 20 ans d√©sormais (oh bordel..). Malheureusement, je m’en suis un peu √©loign√© depuis quelques ann√©es car les r√©centes productions ne m’int√©ressaient pas. La derni√®re s√©rie TV de la licence qu’on pourra qualifier de “standard” est Gundam Iron-blooded Orphans sortie en 2015. Apr√®s √ßa, Sunrise a encha√ģn√© les s√©rie Gundam Build ou encore les SD Gundam qui pour moi sont plus des accessoires qu’autre chose. En parall√®le il y a √©videmment eu quelques OVA ou films avec Gundam Unicorn et Gundam Narrative, mais ils m’ont horriblement d√©√ßu. Il n’y a que l’adaptation anim√©e deGundam The Origin qui m’a vraiment marqu√© ces deni√®res ann√©es. A c√īt√© de √ßa, j’attends toujours de voir la suite de l’adaptation anim√©e de Gundam Thunderbolt, dont il n’y a plus vraiment de nouvelles alors que cette production √©tait tout simplement g√©niale.

Bref, c’est dans cet √©tat d’esprit en mode “je n’attends pas grand chose” que je me lance sur le dernier n√© de la franchise, Mobile Suit Gundam : l’Eclat d’Hathaway, fra√ģchement sorti le 1er juillet sur Netflix pour l’exploitation internationale d’un film repouss√© par trois fois au Japon pour cause de pand√©mie COVID-19. Il aura √©t√© projet√© au cin√©ma japonais √† partir du 11 juin 2021.

Hathaway est l’adaptation d’un roman √©ponyme √©crit entre 1989 et 1990 par Yoshiyuki Tomino, le cr√©ateur original de Gundam. Il se d√©roule 12 ans apr√®s la r√©bellion de Char, d√©peinte dans les √©v√©nements du film La Contre-attaque de Char sorti en 1989 et qui devait conclure Gundam apr√®s 3 s√©ries TV. Apr√®s les √©v√©nements du film, le monde est encore dans une situation chaotique o√Ļ la F√©d√©ration Terrestre peine √† maintenir un semblant d’ordre et la corruption du Gouvernement F√©d√©ral est √† son paroxysme. La pollution de la Terre n’en fini pas d’augmenter et pour emp√™cher tout mouvement de contestation, le Man Hunting a √©t√© fond√© pour exiler de force les civils vers l’espace.

C’est dans ce contexte que s’est form√© Mafty, une organisation anti gouvernementale dirig√©e par un certain “Mafty Navue Erin” qui se dresse contre la corruption de la sph√®re terrestre. Consid√©r√© comme un groupe terroriste, Mafty attaque et assassine les hauts membres du gouvernement f√©d√©ral l’un apr√®s l’autre. Malgr√© ses actes meurtriers, Mafty gagne de plus en plus la sympathie de l’opinion publique. Derri√®re Mafty se trouve en r√©alit√© Hathaway Noa, le fils de Bright Noa, un v√©t√©ran hautement d√©cor√© et reconnu de l’arm√©e F√©d√©ral, qui √† la suite de son exp√©rience traumatisante durant la R√©bellion de Char aura d√©cid√© de marcher dans les pas d’Amuro Ray et de Char Aznable en embrassant leurs id√©aux.

Comme toujours avec ces superproductions de Sunrise pour l’une de ses licences phares, le staff aux commandes a produit un r√©sultat visuellement superbe et similaire √† ce qui s’est fait pour Gundam Unicorn et The Origin. Le premier film de 1h30 s’inscrit dans une trilogie qui adaptera donc le roman original. Je ne serais pas en mesure de qualifier la fid√©lit√© √† l’oeuvre d’origine car elle n’a jamais √©t√© √©dit√©e en dehors du Japon (et il n’existe pas √† ma connaissance de traduction compl√®te amateur). J’ai constat√© que le ton du film est tr√®s adulte. Les dialogues sont tr√®s crus avec une forte violence sur l’introduction du film avec la prise d’otage de la navette de voyage, mais aussi des discussions sexuellement orient√©es entre diff√©rents personnages (pour ne pas dire rentre-dedans..). Le film en lui-m√™me est globalement assez violent et la sc√®ne de combat au dessus de la ville rappelle beaucoup le style de Tomino “tuez-les tous” avec des pertes civiles qui sont loin d’√™tre visuellement implicites. A c√īt√© de √ßa, l’histoire de ce premier film est tr√®s bien rythm√©e avec des passages rappelant le contexte (Gundam n’est pas tr√®s facile d’acc√®s quand on ne conna√ģt pas l’univers) mais tout en embarquant le spectateur dans une situation pour laquelle il serait cens√© √™tre au courant. Ainsi, en dehors des personnages principaux, le reste qui gravite autour n’est pas sp√©cialement introduit et on les d√©couvre comme si ils avaient toujours √©t√© l√†. C’est forc√©ment assez g√™nant car certains de leurs comportements ou r√©actions sont peu √©vident √† lire car on ne les conna√ģt pas encore. Mais en soit, √ßa donne le plaisir de les d√©couvrir dans le feu de l’action comme on avait l’habitude √† l’√©poque de l’√©criture du roman.

Niveau r√©alisation, le film est d’un tr√®s bon niveau avec le style graphique typique des grosses productions de Gundam. Les sc√®nes d’action ont recourt √† l’animation 3D et celle-ci me semble plut√īt bien int√©gr√©e. Les Mobile Suits sont de plus en plus anim√©s par ce biais alors que Gundam faisait partie des rares licences √† faire de la r√©sistance l√† dessus. Il faut dire que les deux mechas stars de l’histoire, le Penelop et le Xi, sont assez complexes et en animation traditionnel cela aurait s√Ľrement du beaucoup en demander. N√©anmoins, il est difficile d’√©valuer le rendu car les premi√®res grandes sc√®nes de bataille ont lieu de nuit. J’esp√®re que ce n’est pas pour reprendre le stratag√®me des jeux vid√©os o√Ļ on se disait : “si on voit rien √ßa n’est pas moche”. Les sc√®nes claires mettant en sc√®ne la 3D du film √©taient de bonne facture, donc j’ai bon espoir que les prochains opus de la trilogie nous en mettent plein les yeux.

Je suis donc vraiment content de voir que Gundam s’est rattrap√© dans mon estime apr√®s plusieurs ann√©es de vache maigre en ce qui me concerne. Ce film Hathaway est visuellement superbe, et l’histoire se suit avec grand plaisir sans tra√ģner ni donner l’impression de rush. En esp√©rant que les prochains sauront maintenir cette qualit√© !