Lastman

Un peu d’animation française

Lastman est une sĂ©rie d’animation pour adultes française de 26 Ă©pisodes de 12 minutes chacun produite en 2016. Elle a Ă©tĂ© diffusĂ©e Ă  l’origine par France 4 et se trouve dĂ©sormais sur Netflix.

Illustration © 2016 Everybody On Deck

L’histoire se situe dans la ville de Paxtown, une ville gangrenĂ©e par la violence et la corruption. Richard Aldana est un jeune boxeur amateur se laissant aller entre recherche d’un travail et le club de boxe tenu par son ami Dave McKenzie qui l’hĂ©berge Ă©galement. Tout bascule lorsque Dave est enlevĂ© sous les yeux de Richard par une organisation appelĂ©e “L’Ordre du Lion” puis se fait tuer par leur chef, Rizel. Richard dĂ©couvrira alors que Dave avait une fille cachĂ©e, Siri, qu’il protĂ©geait des sombres objectifs de l’Ordre.

Lastman est basĂ©e sur une bande dessinĂ©e française du mĂȘme nom dont la sĂ©rie TV fait office de prĂ©quelle. Elle est trĂšs inspirĂ©e par l’univers du manga que ce soit par la mise en scĂšne ou le style graphique, mais elle ne singe pas non plus le genre pour autant en ayant sa propre identitĂ©. On retrouve trĂšs rapidement les inspirations qui ont servi Ă  Ă©crire et Ă  la dessiner : films d’actions, personnages donnant l’impression d’ĂȘtre sortis de Hokuto no Ken, aspect fantastique avec les dĂ©mons qui composent l’Ordre, un sacrĂ© mĂ©lange mais qui prend bien.

Comme dit en introduction, il s’agit d’une sĂ©rie d’animation pour adultes, un genre qui est encore assez rare dans l’animation française en raison de notre habitude culturelle Ă  considĂ©rer le dessin animĂ© comme Ă©tant un mĂ©dium pour enfants. Avec les sĂ©ries amĂ©ricaines ou japonaises qui composent le genre, l’influence a fini par gagner quelques studios français et nous permet de voir ce genre de production qui sort des chemins balisĂ©s. Lastman est donc une sĂ©rie prĂ©sentant Ă  la fois une forte violence graphique, mais aussi de la nuditĂ© et un peu de sexe. C’est globalement trĂšs cru, sans pour autant ĂȘtre gratuit. DĂ©conseillĂ©e aux moins de 16 ans, la sĂ©rie a Ă©tĂ© diffusĂ©e sur un crĂ©neau horaire tardif Ă  la TV mais elle a tout de mĂȘme enregistrĂ© de bons scores d’audience pour cette case. Sa production fut quelque peu chahutĂ©e par le dĂ©sistement d’un des partenaires de France TĂ©lĂ©vision dans le financement, elle aura bouclĂ© son budget grĂące Ă  une campagne de financement participatif sur Kickstarter.

Bien que le format 26x12 minutes soit assez court (cela Ă©quivaut Ă  une sĂ©rie de 13 Ă©pisodes remis Ă  la durĂ©e habituelle d’une sĂ©rie TV), la sĂ©rie prĂ©sente une densitĂ© narrative plutĂŽt poussĂ©e et parvient Ă  dĂ©velopper diffĂ©rentes intrigues tout en gardant une bon rythme. La sĂ©rie compose globalement avec une intrigue mĂ©langeant la mafia, un tournoi de boxe, et une chasse aux dĂ©mons avec un peu d’Ă©sotĂ©risme. Jouant parfois la carte de satyre sociale, la sĂ©rie utilise aussi d’autres thĂšmes tels que la corruption dans le sport, la manipulation d’image et la fabrication d’opinion. L’un des Ă©pisodes marquants sur cet aspect est aux Ă©vĂ©nements de l’histoire vus par la chaĂźne d’information continue “Pax News” qui est clairement une violente caricature de ces mĂ©dias d’informations prĂȘts Ă  tout pour du sensationnel et l’information spectacle. Cet Ă©pisode met en scĂšne une version adaptĂ©e de la prise d’otages de l’Hyper Cacher de 2015 oĂč les chaĂźnes d’information continue ont mis en danger la situation. Avec son ambiance de film d’action amĂ©ricain oĂč les personnages enchaĂźnent les punchlines, elle dĂ©veloppe une histoire plutĂŽt bien ficelĂ©e malgrĂ© des rebondissements trĂšs prĂ©visibles. Le tout est aidĂ© par une bande-son au top qui donne beaucoup de tonus Ă  l’image avec un style musical Ă©lectro / rock du plus bel effet. CĂŽtĂ© rĂ©alisation, la sĂ©rie est plutĂŽt bien foutue mise en rapport avec son budget ridicule et arrive Ă  prĂ©senter une animation du tonnerre lors des sĂ©quences d’action tout en gardant un style graphique net et cohĂ©rent.

Bref, il est difficile d’en dire beaucoup sur cette sĂ©rie car sa courte durĂ©e fait qu’on rentrerait vite trop dans le dĂ©tail. Elle s’enchaĂźne toute seule et le rythme des Ă©pisodes fait qu’on ne voit pas le temps passer. Une seconde saison a Ă©tĂ© annoncĂ©e pour ĂȘtre diffusĂ©e sur la plateforme numĂ©rique de France TĂ©lĂ©vision, intitulĂ©e Lastman l’onde de choc, elle fera 6 Ă©pisodes de 45 minutes.