L’une des rĂ©currences des sĂ©ries de Star Trek est qu’elles focalisent leur histoire autour d’un capitaine de vaisseau et de ses courageux et hautement compĂ©tents officiers supĂ©rieurs. Mais qu’en est-il du petit personnel Ĺ“uvrant Ă  bord des vaisseaux spatiaux de la flotte de Starfleet ? Voici donc ceux mis sur le devant de la scène par Star Trek: Lower Decks : quatre jeunes Enseignes travaillant Ă  bord du US Cerritos, explorant quotidiennement les dangers de l’Univers…

Lower Decks se dĂ©roule en 2380, soit après Star Trek: Voyager et avant Star Trek: Picard, Ă  bord du USS Cerritos, l’un des vaisseaux de Starfleet les moins intĂ©ressants et spĂ©cialisĂ© dans les missions de Second Contact (soit le service après vente des plus gratifiantes missions de First Contact avec de nouvelles civilisations). La sĂ©rie commence avec l’arrivĂ©e de D’Vana Tendi, une Orionne hyper enthousiaste fraĂ®chement transfĂ©rĂ©e Ă  bord du Cerritos qui se rĂ©jouit de faire la moindre basse besogne. Elle est intĂ©grĂ©e Ă  l’Ă©quipe de maintenance de Brad Boimler qui se compose Ă©galement de Beckett Mariner et Sam Rutherford. L’Ă©quipe se surnomme collectivement les “lower decks”, ceux chez qui l’action se dĂ©roule rĂ©ellement selon Mariner. Le premier jour de travail Ă  bord du Cerritos n’en sera pas moins mouvementĂ© pour D’Vana et ses Ă©quipiers puisque la mission de Second Contact dirigĂ©e par le premier officier Ransom rapportera Ă  bord du vaisseau un virus carnivore transformant l’Ă©quipage en bĂŞtes assoiffĂ©es de sang.

Bien qu’ils soient tous les quatre fortement stĂ©rĂ©otypĂ©s, j’ai trouvĂ© les protagonistes de Lower Decks amusants Ă  suivre car leur histoire se dĂ©roule en accord avec leur caractĂ©ristique. MalgrĂ© l’apparence donnant l’impression d’une Ă©quipe de bras cassĂ©es, celle-ci est incroyablement compĂ©tente malgrĂ© sa faible expĂ©rience et dĂ©joue au final des situations impossibles, mais dont le mĂ©rite revient Ă  leur grand dam aux officiers supĂ©rieurs et Ă  leur capitaine. Outre D’Vana qui est l’hyper enthousiaste de service, les trois autres personnages ont chacun un clichĂ© particulier. Boimler est le jeune officier ambitieux par excellence qui essaye d’ĂŞtre le pur produit Starfleet. Il passe son temps Ă  faire de la lèche aux officiers supĂ©rieurs, ne vit qu’en suivant les règles et obĂ©issant aux ordres, et espère constamment une promotion. MalgrĂ© sa capacitĂ© Ă  citer le règlement de Starfleet Ă  la virgule près, il dĂ©montre une incapacitĂ© chronique Ă  faire face au stress et aux situations pĂ©rilleuses. Mariner est l’opposĂ© total de Boimler… C’est une tĂŞte brĂ»lĂ©e maintes fois rĂ©trogradĂ©e pour insubordination, hermĂ©tique Ă  l’Ă©tiquette de Starfleet, mais dotĂ©e d’une forte expĂ©rience et une capacitĂ© Ă  devenir capitaine de vaisseau quasi innĂ©e, ce qu’elle refuse. Enfin, Rutherford est un jeune ingĂ©nieur passionnĂ© par son travail d’entretien des conduits diverses du vaisseau. Il possède un implant cybernĂ©tique lui permettant de dĂ©cupler ses facultĂ©s mentales ou d’apprendre instantanĂ©ment des compĂ©tences qu’il n’avait pas.

En contrepartie de cette petite Ă©quipe, la sĂ©rie met en personnages secondaires ceux qui auraient Ă©tĂ© les principaux dans une aventure normale de Star Trek : le capitaine Carol Freeman dirigeant le vaisseau avec autoritĂ© et difficultĂ© Ă  devoir gĂ©rer l’embarras que provoque l’insubordination constante de Mariner (qui n’est autre que sa fille, un secret bien cachĂ© Ă  l’Ă©quipage par les deux intĂ©ressĂ©es). Vient ensuite Jack Ransom, le premier officier coureur de jupons et ne pensant qu’Ă  entretenir son imposante musculature. Suivi par le lieutenant Shaxs, l’officier tactique brutal et Ă  la gâchette facile. Enfin, le docteur T’Ana qui est le mĂ©decin-chef bougon de l’Ă©quipage.

La sĂ©rie utilise beaucoup la mise en opposition de ses deux Ă©quipes de personnage et n’hĂ©site pas Ă  Ă©corner Ă  la tronçonneuse l’image habituellement trop parfaite des personnages de Star Trek. Elle enchaĂ®ne les allusions et mises en situations pour lesquelles le capitaine et ses officiers brillent par leur stature et les poses qui vont avec, profitant du travail des petites mains en arrière plan qui ont en rĂ©alitĂ© sauvĂ© la mise. Lower Decks est Ă©galement une fanfare de private jokes que seuls les trekkers aguerris comprendront tellement ça fuse. C’est un vĂ©ritable festival de rĂ©fĂ©rences plus ou moins obscures ou Ă©videntes ! Elle prĂ©sente Ă©galement Starfleet sous des facettes peu souvent abordĂ©es dans les sĂ©ries usuelles en montrant que l’organisation est faillible et loin d’ĂŞtre aussi parfaite que l’impression qu’elle veut donner.

La première saison fait 10 Ă©pisodes et la sĂ©rie est pour le moment prĂ©vue pour durer 3 saisons, elle est proposĂ©e Ă  l’international par Amazon Prime Video. Il s’agit d’un dessin animĂ© pour adultes sympathique bien que sans grandes prĂ©tention qui dĂ©tend pas mal l’univers de Star Trek qui a tendance parfois Ă  ĂŞtre trop “serious business”. Une sorte d’auto parodie qui fait toujours du bien Ă  regarder, mais hĂ©las fortement inaccessible Ă  quiconque n’est pas un inconditionnel de la licence.