Tales of Vesperia Definitive Edition

Tales of Vesperia est un RPG japonais sorti à l’origine en 2008 sur Xbox 360. Il s’agissait d’une exclusivité pour permettre à la console de Microsoft de s’imposer au pays du soleil levant. Le jeu aura permis à celle-ci de gonfler ses ventes lors de sa sortie, mais le soufflé retombera aussitôt tant la 360 suscitait l’indifférence au Japon. Son autre particularité est qu’il aura bénéficié d’une sortie internationale. J’avais pu le découvrir ainsi sur la 360 à l’époque, avec Tales of Symphonia comme seule autre expérience de la série.

Illustration © Bandai Namco Games

Le studio Tales portera ensuite le jeu en 2009 sur Playstation 3 avec quelques ajouts pour l’occasion : certains doublages manquants ont pu être produits, le personnage de Flynn est devenu jouable en permanence (le scenario original permettait de l’avoir dans l’équipe seulement lors d’un donjon particulier), et un nouveau personnage du nom de Patty Fleur a été rajouté.

En 2018, Bandai Namco Games a annoncé une remasterisation HD du jeu sur les consoles du moment et sur PC via Steam. Basée sur la version PS3 du jeu, cette Definitive Edition sur Nintendo Switch est celle dont je vais vous parler dans ce billet.

Tales of Vesperia se déroule dans le monde de Terca Lumireis. Les habitants de ce monde vivent et prospèrent grâce aux Blastias, d’antiques machines héritées d’une ancienne civilisation depuis disparue. Personne ne sait comment ils sont fabriqués, et donc personne ne sait comment en faire de nouveaux. Les Blastias sont donc les éléments les plus précieux et l’Empire en assure la régulation d’une main de fer. Ils fournissent protection avec des barrières repoussant les monstres qui se trouvent aux abords des villes, et subviennent aux besoins en ressources des populations.

Yuri Lowell est un ancien chevalier, originaire et vivant dans le quartier pauvre de la capitale Impériale Zaphias. Un matin, le quartier se retrouve en proie à une crise : quelqu’un a vole le noyau de l’Aqua Blastia qui sert aux habitants à s’alimenter en eau, celui-ci ne rejette plus que de la boue. Devant le mépris et l’indifférence des autorités et des chevaliers impériaux à l’égard du bas quartier, Yuri décide d’aller lui-même chercher le voleur pour récupérer le noyau volé. Sa quête l’amènera dans les quartiers nobles et après être entré par effraction dans la maison du voleur supposé, Yuri finira par se faire arrêter par les gardes. Jeté en prison, il sortira avec l’aide impromptue d’un autre prisonnier qu’il ne connaît pas. Dans sa fuite, il fera la rencontre d’Estellise, une jeune noble poursuivie par les chevaliers car cherchant à s’enfuir du château pour essayer de retrouver Flynn, un chevalier qui est aussi un ami d’enfance de Yuri avec qui il s’était enrôlé. Après être sorti du château et cachés par les habitants du bas quartier, Yuri et Estelle décideront de quitter Zaphias ensemble pour s’aider mutuellement leurs quêtes. Lui à la recherche du voleur de Blastia, elle à la poursuite de Flynn pour le prévenir d’un danger qui rode au sein de l’Empire…

Les jeux Tales of ont toujours un thème précis pour leur histoire. Ici, le jeu avait pour thème « RPG qui renforce la Justice », en référence aux choix et décisions que Yuri fera tout au long de l’histoire. Cette histoire s’articule principalement autour des Blastias et de la dépendance des populations à ceux-ci et leur impuissance lorsqu’ils tombent en panne ou se mettent à dysfonctionner et partir en vrille. L’autre thématique principale est l’oppression entre les puissants et les faibles avec la corruption empêchant de punir les nobles abusant de leur statut. La narration exploite les différents points de vue des principaux personnages : le cote désabusé de Yuri face à un Empire corrompu, l’innocence d’Estelle qui a toujours vécu à l’écart du monde dans sa cage dorée, l’idéalisme de Flynn qui espère pouvoir changer les choses depuis l’intérieur en gravissant les échelons au sein de la chevalerie, etc. En plus de la trame tournant autour de l’Empire et des Blastias, l’univers développe les Guildes. Celles-ci sont des entités autonomes qui ont fait sécession avec l’Empire. Elles vivent selon des lois très strictes pour garantir leur stabilité et font ainsi office d’opposé à la corruption de l’Empire. Cependant leur côté mercenaire montre aussi les limites de leur fonctionnement avec notamment le fait qu’elles soient aussi en proie aux machinations et complots.

Côté personnages, Vesperia en possède un nombre assez varié dont chacun possède ses aptitudes et son style de combat particulier.

Le personnage principal du jeu est Yuri Lowell, orphelin vivant sous la protection des habitants du bas quartier de Zaphias, il est ami d’enfance de Flynn et tout deux ont rejoint les rangs de l’armée impériale. Cependant, Yuri ne tiendra pas longtemps et finira par partir pour retourner vivre dans le bas quartier. En combat, il s’agit d’un épéiste.

Yuri est en permanence accompagné de Repede, son chien qui est aussi un personnage jouable (une fois un objet spécial débloqué). Repede est présenté comme un animal fier qui estime ne pas être un simple chien. Il porte différents accessoires sur lui hérités de son ancien maitre, dont sa pipe, et se bat avec une dague dans sa gueule. Yuri et Repede ont une relation très proche et bien qu’ils ne se comprennent pas réellement, chacun sait deviner les intentions de l’autre.

Estellise, surnommée Estelle, est le troisième personnage jouable qu’on rencontre. Il s’agit d’une jeune noble qui a toujours vécu dans la palais impérial et n’en est jamais sorti. Elle a appris l’art du maniement de l’épée et sait manipuler les Artes de soin. Elle possède également une très grande culture et un grand savoir puisqu’elle a passé sa vie dans les livres du château. Elle se bat avec une épée et un bouclier et fait office de soigneuse du groupe.

Plus tard, nous rencontrons Karol, un jeune garçon membre de la Guilde des Hunting Blades. Il finira par croiser la route de Yuri et Estelle et les accompagnera. On apprendra rapidement que Karol est raillé par les autres guildes à cause de son comportement couard et indécis qui lui ont valu d’être jeté de plusieurs guildes, et il se fera renvoyer une nouvelle fois. Très fidèle aux principes qui fondent la stabilité des guildes, il finira par proposer à Yuri de foncer la leur : Brave Vesperia. En combat, Karol se bat avec d’énormes armes à deux mains qu’il range dans son sac.

Rita Mordio est le personnage qui rejoint ensuite la bande. Il s’agit d’une mage qui a consacré toute sa vie à l’étude des Blastias et dispose d’un immense savoir malgré son jeune âge. Elle est aussi très excentrique et asociale, constamment agressive à l’égard de quiconque veut la contredire ou l’empêcher d’atteindre ses objectifs. Yuri sera à sa recherche car le voleur du Blastia du bas quartier se faisait passer pour elle.

L’équipe est ensuite complétée avec Raven, le personnage le plus âgé de la bande. Désinvolte, mystérieux mais aussi ambigüe, il est celui qui aidera Yuri à sortir de prison au début du jeu et interviendra ponctuellement avant de rejoindre l’équipe. Il a la sale tendance à disparaître et revenir de manière impromptue. Raven passe son temps à se plaindre de son « grand âge » (… il a 35 ans…). En combat, il s’agit d’un archer qui utilise de temps en temps une épée courte.

Judith est le dernier personnage à rejoindre l’équipe du jeu original. Il s’agit d’une Krytienne (une ancienne race de Terca Lumireis) se battant avec une lance longue. Il s’agit aussi du pire ennemi de Rita au début car elle apparaît avec une armure la masquant et accompagnée de son ami dragon Bau’l pour détruire des Blastias sans aucune pitié. Chose qui insupporte au plus haut point Rita qui estime qu’il s’agit d’objets sacrés. Judith rejoindra la partie après qu’elle ait été attaquée pendant un évènement du scénario et jetée en prison avec Yuri. Ils feront équipe pour sortir de là et la jeune femme rejoindra la bande, avec Yuri qui cachera son identité réelle. Judy est le personnage le plus décisionnaire et consistant de la bande, elle se focalise sur ses objectifs et fait preuve d’un très grand pragmatisme, mais elle possède aussi un côté impulsif.

Enfin, nous avons depuis la version Playstation 3, et donc aussi dans ce portage Switch du jeu, deux nouveaux personnages. Patty Fleur est une jeune aventurière amnésique qui est à la recherche du trésor perdu d’Aifread, un pirate aussi légendaire que sa réputation est sulfureuse. Considéré comme responsable d’un immense massacre et ayant failli faire chuter les guildes, cette jeune fille en subi les conséquences dans sa quête car elle est convaincue être la descendante d’Aifread. Le personnage n’existait pas à l’origine, elle était uniquement mentionnée lors de scènes.

Le dernier personnage à avoir intégré la bande est Flynn Scifo, chevalier impérial et ami d’enfance de Yuri. Il est l’opposé de ce dernier, idéaliste et optimiste pensant pouvoir changer les choses de l’intérieur en montant les échelons du système impérial. Ces visions opposées entraîneront quelques confrontation entre les deux personnages. Flynn rejoint tardivement l’équipe à temps plein car il est pendant une bonne partie de l’histoire un personnage central qui est rencontré régulièrement. Il rejoint à plusieurs repris l’équipe pour un donjon mais la quitte aussi pendant un moment avant de revenir.

Ce lot de personnage est, comme souvent, assez cliché dans leur comportement et attitudes mais il créé une équipe complémentaire et plutôt bien équilibrée niveau personnalités. Le fait de pouvoir jouer un personnage non humain avec Repede apporte un côté assez sympa. Lorsqu’il devient possible de le contrôler, il y a même des quêtes qui lui sont dédiées où il va parler aux autres chiens dans les différentes villes.

L’histoire de Vesperia est globalement intéressante et se développe progressivement. Tout l’enjeu tourne autour des Blastias et plus les personnages en découvrent dessus, plus leur vision change et leur fait prendre conscience d’un enjeu dont ils n’avaient pas imaginé l’ampleur jusque là. Elle est complétée par un film d’animation, Tales of Vesperia : The First Strike, qui fait office de préquelle dans lequel on retrouve Yuri et Flynn lorsque le premier était encore chevalier. Il est sorti en 2009 et a été animé par Production IG, studio qui a réalisé les cinématiques des jeux jusqu’à Tales of Graces.

Du côté technique, cette version remasterisée du jeu affine bien l’esthétique de celui-ci qui était déjà très belle pour l’époque, juste un peu plus floue. Les personnages avaient beaucoup d’animations sur eux (mouvements de vêtements, etc) qui les rendaient vivants, mais en opposition ils ont un côté un peu rigide dans leurs enchaînement de mouvements parfois. Je note sur Switch des chutes de framerate sur la carte du monde et dans certaines villes, par contre en combat le jeu est très fluide et rapide. Il possède quelques vestiges de son ancienne version avec, outre les cinématiques en dessin animé qui le ponctuent, des séquences vidéo faites avec le moteur du jeu. Celles-ci n’ont pas été refaites et on peut voir l’écart entre le rendu d’origine et l’actuel. Pour s’en donner une idée, il suffit de prendre le jeu en mode portable sur la console. Le rendu se rapproche à la version 360 d’origine.

Pour ma part, Tales of Vesperia est le second jeu de la série que j’ai découvert. Le premier était Tales of Symphonia sur GameCube mais l’expérience de jeu était assez différente. A l’époque, les Tales of étaient uniquement disponibles en version audio anglaise et Symphonia n’a pas eu le temps de faire doubler toutes les scénettes qui ponctuent le jeu. C’était assez peu immersif et désagréable à suivre là où le reste du jeu était très bon. A ce moment-là j’avais cru que c’était normal et pensait que Vesperia avait introduit le doublage de ces séquences, mais non, c’est juste que l’audio était passé à la trappe. Raison pour laquelle j’avais eu plaisir à refaire Symphonia sur son remaster Playstation 3.

Depuis, j’avais fait les différents opus disponibles sur console de salon avec Tales of Symphonia Dawn of new World qui est la suite du premier, Tales of Grace (originaire de Nintendo Wii, porté ensuite sur PS3 avec du nouveau contenu, nous avons eu cette version) Tales of Xillia et sa suite, puis Tales of Zestiria et Berseria qui est sa préquelle. J’ai toujours bien apprécié la série qui a su évoluer dans son gameplay et son style tout en gardant son ADN. L’un des gros changements qu’elle a vécu était quand même l’intégration du studio Tales au sein de Bandai Namco Games, là où à l’époque de Namco celui-ci était autonome. Cela se voit avec Tales of Xillia qui a changé plusieurs choses dans la façon de jouer et reprenait des concepts développés dans les précédents. Je pense notamment au fait que depuis Tales of Graces, le parcours du monde se fait désormais sur des cartes interconnectées à l’échelle et non pas sur un globe disproportionné comme à l’ancienne dans les RPG. L’un des autres changements notable est aussi le changement du studio d’animation qui réalise les scènes cinématiques, auparavant réalisées par Production IG et depuis sous la responsabilité d’Ufotable (qui a animé aussi les adaptations des jeux Tales of Symphonia et Tales of Zestiria).

Une série sympa dont j’attends le prochaine opus, Tales of Arise, qui est censé arriver en 2020 mais sans réelle date officielle à ma connaissance.